Questions sur le communisme


1- Comment peut-on défendre une idéologie qui a fait 100 millions de morts ?

2- Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver un juste milieu entre capitalisme et communisme ?

3- Les communistes n'ont-ils pas oublié que l'homme est par nature égoïste ?

4- Le stalinisme n’est-il pas une trahison du communisme ?

5- L’effondrement de l’URSS ne prouve-t-il pas que le communisme ne marche pas ?




1- Comment peut-on défendre une idéologie qui a fait 100 millions de morts ?



Les faits historiques n'ont rien à avoir avec une science. En science, il faut pouvoir reproduire une expérience et confronter la théorie aux résultats. En histoire, les faits ne peuvent pas être reproduits, c'est donc beaucoup plus compliqué d'avoir des certitudes.

Le cerveau humain ne fait aucune différence entre les histoires vraies et les histoires inventées. Donc les histoires nous influencent beaucoup. Ce principe est utilisé en marketing sous le nom de "story telling". Mais il est aussi de tout temps utilisé par les gouvernements. Là où il y a des intérêts en jeu, il y a des mensonges.

Remettre en cause l’histoire officielle, n’est-ce pas complotiste ?

C'est au contraire faire preuve d'esprit critique, ce que nous enseigne par exemple la philosophie du doute cartésien. L’histoire ne peut pas être vérifiée comme les lois scientifiques, on doit donc croire ce qui nous est raconté, c’est une croyance, et toute croyance peut être remise en question.

Il est évident que Napoléon a existé, que la première guerre mondiale a commencé en 1914, ce n’est pas ça dont on doit douter. Ce sont les sujets où il y a des intérêts en jeu, comme précisément l’histoire du communisme.

Ceux qui avancent l'argument des 100 millions de morts se croient en général très malins, ils se frappent la poitrine comme des gorilles en s'imaginant avoir terrassé leur adversaire.

En histoire, il faut au contraire avoir de l'humilité, admettre qu'il y a beaucoup d'intérêts en jeu, de mensonges, et qu'au fond on ne sait pas grand chose.

Le mieux qu'on puisse faire c'est donc d'essayer de confronter les points de vue. Par exemple en Russie aujourd'hui, Staline est plus admiré que Poutine, cela relativise pas mal de nos préjugés occidentaux sur l'histoire du communisme.

Cela ne conduit-il pas à être un révisionniste historique ?

La vérité ne peut jamais se résumer à vrai ou faux. Toute théorie, qu'elle soit scientifique ou historique, peut être niée en partie, et donc révisée. La question est alors seulement de savoir si cette révision nous rapproche de la vérité ou nous en éloigne.

Comme l'indique la bonne vielle formule hégélienne, thèse, antithèse, synthèse, la pensée progresse par "négations", c'est à dire par la critique.

Notre époque actuelle n’est pas très bien placée pour se permettre de juger d’autres périodes passées. Et pourtant nous devrions croire sur parole les historiens soit disant objectifs dont les recherches ne sont en fait financées que si elles vont dans le sens que l’état veut. Ce qu’ils trouvent est donc ce qu’ils cherchent à démontrer, à savoir que le communisme était une abomination.

Même si de nombreux historiens sont d’accord sur un sujet, cela ne prouve pas du tout qu’ils ont raison. L’histoire justement, a bien montré que le critère de la vérité, ce n’est pas ce que pensent les grands sages d’une époque. Le meilleur exemple est celui de Galilée qui avait raison seul contre les savants de l’Église. Ces grands sages de l’époque étaient pourtant tous d’accord que c’est le Soleil qui tourne autour de la Terre. Les arguments d’autorité ne valent donc rien. Tout ce qui est évident pour une époque ne sont rien d’autre que les préjugés de cette époque.

Le marxisme a toujours expliqué que la bourgeoisie impose sa vision du monde et de l’histoire (y compris celle du communisme), parce qu’elle possède les moyens de production intellectuels. Ce que nous croyons donc savoir aujourd'hui sur le communisme n'est rien d'autre que l'histoire du communisme écrite par la bourgeoisie.

Nous n’entrerons pas dans les détails sur la manière dont sont fabriqués ces chiffres. Les procédés totalement mensongers et les sources utilisées sont contestables. Toutes ces soit disant vérités sur le communisme sont en fait invérifiables.


2- Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver un juste milieu entre capitalisme et communisme ?



A première vue, une « troisième voie » entre le capitalisme et le communisme, qui ne tomberait ni dans les excès de l’un ni dans ceux de l’autre semble être une solution raisonnable et de compromis.

Si l’on regarde l’histoire du socialisme, on voit pourtant que les premières idéologies socialistes étaient justement ces solutions de compromis, qui cherchaient à créer une société où le capitalisme serait régulé dans l’intérêt de tous.

Ce n’est qu’après qu’est apparu le marxisme. Cela n’empêche pas de nombreux adeptes de la « troisième voie » de revenir régulièrement avec leurs « nouveaux » retours à l’ancien socialisme pourri.

Pourquoi un socialisme de compromis est-il impossible ?

Mais parce que la société capitaliste tend à être divisée en deux camps irréconciliables : les bourgeois et les prolétaires. Il peut exister parfois une classe moyenne, mais la tendance du capitalisme reste la même. Ces classes moyennes finissent toujours par se diviser en bourgeoisie et en prolétariat.

L’analyse du marxisme reste donc fondamentalement juste : la bourgeoisie et le prolétariat ont des intérêts irréconciliables.

Les réformes sociales sont possibles uniquement dans les pays impérialistes qui exploitent le monde et financent avec ces richesses un mode de vie confortable pour leurs travailleurs. Ce sont les fameux « acquis sociaux ». Cela ne marche que tant que notre pays reste dans le club des « grandes puissances ». Avec l’évolution des rapports de force dans le monde, on voit bien que cette situation est temporaire.

Un changement est-il possible sans révolution ?

C’est ce qu’aimerait la classe moyenne, qui est la première menacée par les périodes de crise et d’instabilité. Elle rêve d’un changement pacifique, par de simples réformes.

Mais toute l’histoire de la société humaine nous enseigne l’inverse, à savoir le changement par la violence, la révolution, suivie d’une période de terreur dans laquelle il n’y a que deux camps.

Il est très facile de critiquer la révolution bolchevique pour sa violence. D’abord, tout cela est conforme aux enseignements du marxisme qui prône la dictature révolutionnaire du prolétariat, une « dictature énergique » comme disait Marx, qui mette en place une période de Terreur.

De plus ce n’est ni Marx ni Lénine qui ont inventé la Terreur. Ce sont les français, c’est Robespierre, Saint Just, Marat, les jacobins qui appliquèrent le principe de la Terreur révolutionnaire : pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Qu’on se souvienne de notre propre histoire qui a inspiré les bolcheviques (la Terreur de 1793 et la Commune de Paris de 1871). Cette dictature s’oppose à la démocratie pour les riches et s’appuie sur une vraie démocratie où ce sont les pauvres qui gouvernent.

L’histoire des révolutions montre de façon très claire que sans Terreur révolutionnaire résolue, rien ne peut arrêter la contre-révolution (qui elle ne recule devant aucun crimes). Seuls ceux qui n’ont pas étudié assez attentivement l’histoire peuvent parler de changer la société sans assumer jusqu’au bout le principe révolutionnaire.


3- Les communistes n'ont-ils pas oublié que l'homme est par nature égoïste ?



Bien avant la révolution d’Octobre, les anti-communistes disaient déjà que le communisme était une utopie. En fait, ils ne font que répéter le même argument depuis plus de 150 ans sans étudier sérieusement le point de vue du marxisme.

Dans tous les pays capitalistes les plus puissants, il existe une couche de travailleurs privilégiés, bien payés et très contents de leur confort. Ces larbins du capitalisme détestent l'idée de la révolution et du communisme. Pour ceux-là évidemment, le communisme est une "utopie", ils ont effectivement intérêt à le penser.

Certaines personnes pensent que la droite sont des égoïstes, et que la gauche sont des altruistes. Le communisme serait une forme extrême d’altruisme et de partage où l’individu serait totalement exploité par le groupe. C’est ce qui serait d’ailleurs censé expliquer l’échec du communisme car l’homme au fond veut travailler pour lui-même.

D’abord, c’est bien dans la société capitaliste que la majorité des travailleurs sont des salariés qui travaillent pour des capitalistes.

Mais qu’en est-il du communisme ? Karl Marx avait-il en tête de créer un homme nouveau totalement désintéressé et dévoué à son prochain ?

La réponse est non. Rien n’est plus éloigné du marxisme que cette théorie de l’altruisme. Nous allons donc essayer d'expliquer quel est le véritable point de vue du marxisme sur la nature humaine.

Dans quel livre Karl Marx parle-t-il de la nature humaine ?

A entendre les adversaires du marxisme, Marx n'a écrit aucun livre sur la nature humaine, il aurait tout simplement "oublié" cette question. Le communisme serait juste une très belle idée en théorie, mais qui ne marche pas en pratique.

Si donc on demande dans quel livre Karl Marx parle de la nature humaine, je répondrai alors : dans quel livre n'en parle-t-il pas ?

Toute l’œuvre de Karl Marx est précisément une réflexion sur la nature humaine. Marx n'a jamais dit qu'il faudrait de l'altruisme pour faire le communisme.

"Ce que l'on appelle des sentiments sublimes et des aspirations idéales sont, dans le courant général de la vie, futilités insignifiantes en comparaison de la course universelle au profit et se ramènent, au bout du compte, à ces mêmes intérêts pratiques."


Voilà comment le grand communiste russe Tchernychevski (qui a inspiré Lénine), décrivait sa vision de l'homme.

Pour Karl Marx également, ce qui fait l'histoire, c'est avant tout la base matérielle de la vie des hommes. C'est à dire que tout commence par la façon dont les hommes vivent, travaillent, produisent, etc. Enfin de compte, c'est cela c'est la base de toute l'histoire. C'est cette base matérielle qui explique le comportement des hommes à un moment donné de l'histoire. C'est cette base matérielle qui est adaptée ou au contraire défectueuse, et c'est elle qu'il faut changer pour changer la société.

Mais alors l'homme est égoïste selon Marx ?

Cela surprend toujours, mais oui, c'est bien le cas. L'altruisme n'existe pas. L'idée d'altruisme elle-même cache de l’égoïsme. La charité des riches envers les pauvres par exemple est-elle sincère, ou bien n’est-elle pas plutôt un moyen de détourner les pauvres de l’idée de la révolution ?

La lutte pour l'existence de Darwin conduit dans la société humaine à la lutte des classes. En fait, seul le marxisme a une approche scientifique des phénomènes sociaux. Les anti-communistes ont leur idée du communisme, et celle-là qu'ils combattent. Ils se battent donc contre leur propre invention, car nulle part le marxisme ne dit qu'il faut que l'homme soit altruiste pour qu'advienne la société communiste.

Les libéraux sont paraît-il pragmatiques, c’est à dire qu’ils seraient des gens adultes qui auraient compris eux que l’homme est mauvais et égoïste, alors que les communistes seraient des adolescents idéalistes. La main invisible des libéraux, qui réconcilie les riches et les pauvres, n’est-ce pas plutôt cela qui est une théorie idéaliste ?

Toute sa vie, Marx a eu un soucis permanent de rester scientifique, c’est à dire de partir des faits. Il refusait toute théorie utopique qui présenterait le communisme sans montrer comment il apparaîtrait concrètement à partir de la société capitaliste.

Comment le communisme est-il possible si l'homme est égoïste ?

Certains pensent que la source du problème vient de la mentalité des individus. Ils ne comprennent pas que l’individu n’existe pas en dehors de la société, que c’est la société qui détermine les individus.

Les individus ne sont que très peu responsables de leur propre vie. Il y a une société dans laquelle on naît et qu'on a pas choisi. C’est selon ce contexte dans lequel vivent les hommes qui fait que les hommes sont ce qu’ils sont. Pour changer l’homme, c’est donc la société qu’il faut changer, c’est tout le système politique et économique qu’il faut changer complètement pour changer l’homme. C'est pourquoi le marxisme ne fait pas de la morale mais de la politique.

Il y a plusieurs visions possibles de l’égoïsme. Il y a l’égoïsme borné des bourgeois pour qui l'intérêt des hommes est forcément opposé. Il suffit de lire les "droits de l'homme" dans lesquels la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, chaque homme est vu comme une limite aux autres hommes. Les hommes ne pourraient être que des ennemis.

Et puis il y a l’égoïsme rationnel dans lequel l'homme peut voir aussi dans les autres hommes des alliés. Si les intérêts des hommes sont identiques, alors il existe ce qu'on appelle "l'émulation", c'est à dire que chacun travaille pour le groupe dans son propre intérêt.

C'est la vision de Marx du communisme, une société dans laquelle l'intérêt privé et l'intérêt général ne sont pas opposés mais confondus.

Dans la société capitaliste, les travailleurs vivent dans la misère, sont en concurrence pour leur travail, les capitalistes sont en concurrence, les capitalistes exploitent les travailleurs. Il y a donc des classes avec des intérêts opposés. Il n’est donc pas possible que les hommes ne fassent que coopérer.

C’est seulement quand le capitalisme aura été supprimé que les hommes travailleront pour le groupe en comprenant qu’ils travaillent aussi pour eux-mêmes. Voilà ce qu’est la société communiste.


4- Le stalinisme n’est-il pas une trahison du communisme ?



Beaucoup de communistes reprochent aujourd’hui à Staline d’avoir crée une société qui ne soit pas le vrai communisme.

Les trotskystes par exemple, affirment que Staline a trahi les idées de Lénine et de Karl Marx sur la révolution mondiale et d’avoir mis au pouvoir une bureaucratie. En 1924, après la guerre civile dont les bolcheviques sont sortis vainqueurs, l’URSS a proclamé le socialisme dans un seul pays. De nombreuses personnes interprètent cela comme une forme de nationalisme.

N’était-ce pas Trotsky le véritable successeur de Marx et Lénine ?

En réalité, c’est Lénine qui a inventé la théorie du socialisme dans un seul pays. N’importe qui peut comprendre avec un peu de logique que la révolution n’arrive jamais dans tous les pays en même temps. Chaque pays vit en effet dans des conditions différentes. Si la révolution bolchevique a vaincu en Russie, on ne peut pas en dire autant de l’Allemagne ou de la France. Le premier pays à faire la révolution socialiste devait donc pendant un certain temps résister aux attaques des pays capitalistes en attendant d’être rejoint par d’autres.

Ce que Trotsky proposait (la révolution permanente) était de faire de la Russie un pays capitaliste. Il ne croyait pas que la Russie soit capable de passer au socialisme, le pays étant trop arriéré. Il pensait aussi que la classe ouvrière ne pouvait pas garder le pouvoir car elle était minoritaire et que la paysannerie était son ennemi. En fait, Trotsky proposait d’abandonner tout simplement le socialisme. Mais les faits ont montré que la Russie était suffisamment industrialisée, que dans la majorité de la paysannerie était faite de semi-prolétaires auxquels les ouvriers pouvaient s’allier pour construire le socialisme.

Pourquoi les communistes russes n’ont pas aboli l’état ?

Certains communistes pensent eux, que Staline et Lénine ont trahi les idées de Karl Marx. Ils pensent que la révolution ne doit pas se servir de la dictature pour réprimer ses adversaires, ils croient en fait que Marx était un anarchiste. Ils n’ont tout simplement pas lu Karl Marx, qui est bien l’inventeur du concept de dictature du prolétariat.

Les anarchistes rejettent complètement le bolchevisme et le marxisme. Pour eux la révolution doit abolir l’état. Ils critiquent les méthodes autoritaires du stalinisme. Ils ne comprennent pas déjà que ces méthodes autoritaires ne sont ni capitalistes ni socialistes. En fait, d’après la théorie des anarchistes, le prolétariat devrait rester totalement désarmé face à la contre révolution. Parler de renverser le capitalisme sans penser à la période de transition politique où les capitalistes tenteront de revenir au pouvoir, ce n’est pas être un vrai révolutionnaire. L’état est une arme de répression d’une classe par une autre. Si les marxistes sont les premiers à dire qu’il faut détruire l’état actuel, ils considèrent aussi que le prolétariat devra maintenir son pouvoir pendant un certain temps sur les débris de classe exploiteuse. Cette dictature du prolétariat peut donc effectivement durer un certain temps.

La démocratie pour tous n’existe pas. De même que la démocratie actuelle est une démocratie pour les riches qui exclut les pauvres, de même la démocratie prolétarienne est une démocratie pour les prolétaires qui exclut les bourgeois. Une démocratie où les fonctionnaires et les élus sont sous contrôle des ouvriers, où il n’y a plus de riches pour contrôler la politique. En réalité, la dictature du prolétariat est la seule vraie démocratie.


5- L’effondrement de l’URSS ne prouve-t-il pas que le communisme ne marche pas ?



La défaite d’un pays socialiste ne prouve pas que le socialisme ne marche pas. La première tentative par le prolétariat de prendre le pouvoir pour renverser le capitalisme était la Commune de Paris en 1871 qui a duré environ deux mois. L’URSS était la deuxième tentative, qui a duré beaucoup plus longtemps.

La bourgeoisie considère que cet échec démontre que le communisme est impossible. Mais l’histoire de la bourgeoisie elle-même est faite de victoires et de défaites. En France, la révolution bourgeoise de 1789 a été suivie d’une restauration. Jusqu’en en 1871, il a fallu quatre révolutions pour que la bourgeoisie prenne le pouvoir contre la noblesse. Le passage du pouvoir des nobles à celui de la bourgeoisie était pourtant un changement infime en comparaison du passage du capitalisme au communisme. On comprend donc qu’il faudra plus de temps pour la victoire du communisme.

En 1914, la Russie était un pays en retard par rapport à l’Europe. Le pays a été ruiné par la première guerre mondiale (1914-1917) et la guerre civile (1917-1921). Les pays occidentaux ont formé une coalition de 14 pays pour soutenir la contre-révolution russe. Des pays comme la Pologne nouvellement constitués en profitèrent pour attaquer les bolcheviques. De nombreux partis petits bourgeois (mencheviques, anarchistes, socialistes-révolutionnaires), se rangèrent aussi du côté de la contre-révolution. Les bolcheviques avaient le monde entier contre eux, mais ils ont remporté la guerre civile.

A sa fondation en 1922, l’URSS était un pays épuisé par 7 années de guerres. L’industrie était ruinée, la guerre avait causé des millions de morts (qui ne sont donc pas que de la responsabilité des bolcheviques, mais que ceux qui reprochent ce genre de conséquences réfléchissent à ce qu’est une guerre contre une contre-révolution qui ne recule devant aucun crime). Le pays n’a ensuite connu que 16 années de paix (jusqu’à la guerre soviético-japonaise en 1938, puis la seconde guerre mondiale). 16 années de développement industriel, de reconstruction, d’élévation du niveau de vie et d’éducation, le tout sans l’aide des pays occidentaux, qui refusèrent par exemple de commercer avec l’URSS quand dans les années 1930 les mauvaises conditions climatiques et la guerre civile paysanne entraîna famines et épidémies. Malgré cet épisode, l’URSS a finit par éradiquer les famines (qui étaient bien plus nombreuses sous l’ère tsariste), la pauvreté, la misère, le chômage et l’ignorance. Au même moment, le monde capitaliste était dans la crise des années 1930. Le contraste entre la réussite du socialisme et l’échec du capitalisme obligea les pays capitalistes à un grand travail de propagande pour détourner les travailleurs des pays occidentaux du communisme, et préparer la guerre contre l’URSS.

Dans tous les pays occidentaux, la bourgeoisie était contrainte d’apparaître sous son vrai visage. Sous le masque de la démocratie en tant de paix, apparut le véritable fond du régime bourgeois, celui du fascisme.

La deuxième guerre mondiale fut une nouvelle période de destructions et de morts. L’URSS doit sa victoire à la volonté de son peuple de défendre le socialisme, au système socialiste qui avait développé l’industrie de façon prodigieuse et sans crise dès les premiers plans quinquennaux.

Même Hitler, adversaire irréductible du communisme avait fini par admettre à la fin de la guerre :

« Si Staline avait eu 10 ou 15 ans de plus, la Russie serait devenu le plus puissant pays du monde, et deux ou trois siècles auraient été nécessaires pour faire changer cela. C’est un phénomène unique ! Il a augmenté le niveau de vie — cela ne fait aucun doute. Plus personne ne meurt de faim en Russie. Ils ont construit des usines là où il y a deux ou trois ans il n’y avait que des villages inconnus — et des usines, tenez - vous bien, aussi grandes que les Hermann Göring Works. Ils ont construit des lignes de chemin de fer qui ne sont même pas encore sur nos cartes. En Allemagne , nous nous disputons sur la fixation du prix des billets avant même de commencer à construire la ligne ! »


Churchill, qu’on peut également classer dans les adversaires du communisme avait reconnu que « Staline a hérité d'une Russie à la charrue, et l'a laissée avec l'arme atomique. »

L’URSS envoya la première sonde spatiale en orbite et de nombreuses autres réalisations sont à mettre sur le compte du socialisme.

Il existait bien les goulags, mais dans les pays capitalistes aussi (comme aux états-unis) il y a de nombreux prisonniers. Cela s’explique une fois de plus parce que la dictature du prolétariat réprime ses adversaires, tout comme en occident aux même moment les communistes étaient envoyés en prison. Ceux qui critiquent l’autoritarisme en URSS critiquent ce qu’il y a de commun à tout état, et que l’URSS n’a pas inventé, à ceci près qu’en URSS c’étaient bien les ennemis du peuple qui étaient réprimés.

Dans ce cas pourquoi l’URSS s’est effondrée ?

L’histoire de l’URSS se divise en fait en deux périodes : l’URSS de Staline jusqu’en 1953 et celle qui suivit jusqu’en 1991.

Il existe dans tout état une tendance à la bureaucratisation. On présente en général Staline comme l’allié de cette bureaucratie. L’histoire montre en fait que c’est Staline qui était l’ennemi des bureaucrates. L’épisode le plus important dans cette bataille sont les procès de Moscou en 1937 dans lesquels de nombreux anciens cadres de l’état et du parti ont été réprimés.

Après la seconde guerre mondiale, de nombreux communistes étaient morts et une nouvelle génération devait être formée. C’était donc une période durant laquelle le camp communiste était plus faible. Les bureaucrates menés par Khrouchtchev en profitèrent pour mener un coup d’état.

Après la mort de Staline, Khrouchtchev est devenu le nouveau dirigeant. Il a dénoncé les soit-disant crimes du stalinisme. Ces attaques dirigées contre Staline dissimulaient les attaques contre le socialisme. Le pouvoir politique n’était plus celui des ouvriers, mais celui d’un nouvelle classe sociale qui était apparue et qui restaura le capitalisme en URSS.

A partir de là, la nouvelle bourgeoisie cherchait à réaliser des profits comme n’importe quels capitalistes. Mais dans la concurrence avec les capitalistes occidentaux, l’URSS ne pouvait pas rivaliser. Les pays capitalistes deviennent puissants en exploitant d’autres pays. Pour l’URSS il était difficile d’exploiter d’autres pays sans établir dans ces pays un niveau de vie moins confortable. L’URSS aurait alors montré son vrai visage anti-communiste. Cette exploitation était donc moins rentable que par exemple l’exploitation de la Chine par l’occident. De plus, les exportations de pétrole permettaient à l’URSS de compenser ce problème, permettant d’assurer encore un certain niveau de vie à son peuple. Les prix du pétrole ont été élevés à partir des années 1970, jusqu’au milieu des années 1980. Dès que le prix n’était plus assez rentable, l’URSS s’est effondrée économiquement, et les capitalistes qui la dirigeaient ont soumis le pays aux américains en échange de quoi ils garderaient une place avantageuse.

On voit donc qu’en réalité l’effondrement de l’URSS est un échec de plus du capitalisme, et non du communisme.



Pour être prévenus de la sortie des nouveaux articles, n'hésitez pas à vous abonner !

E-mail :          

Close

Commentaire :



Nom / pseudo :