A quoi ressemblera le communisme et comment l’instaurer





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On m’a récemment demandé à quoi ressemblerait la société communiste future avec les moyens modernes.

Cet article en plusieurs parties a pour but de répondre à trois questions :

- pourquoi le communisme est nécessaire et inévitable,
- à quoi ressemblera la société communiste future,
- ce que le passé nous apprend sur comment changer la société,

I- La révolution politique
II- La révolution économique
III- La révolution urbaine

I- La révolution politique



Le point de départ est la question politique. Aucun changement ne peut être fait sans le pouvoir. Sans le pouvoir, les belles idées restent à l’état de projet.

Le constat est simple : le système politique actuel est une dictature. C’est une dictature hypocrite, une dictature qui ne pas son nom.

La démocratie est le masque du pouvoir financier. Tout est en réalité sous contrôle d’une oligarchie qui contrôle les élections grâce aux médias. Tout est fait pour qu’on élise les marionnettes de l’oligarchie. Banquiers, avocats, médecins et cadres sont la majorité des élus, ils ne sont donc pas du tout représentatifs. Une fois au pouvoir, ils sont contrôlés par les lobbys. Le peuple lui, n’a plus son mot à dire. Le peu de pouvoir que ces élus ont, ils l’utilisent pour renforcer le pouvoir des grandes entreprises, de la finance, etc. Ainsi la dictature du grand capital est inscrite dans l’ADN même de la « démocratie ».

Ce système, définitivement impossible à réformer, est le principal ennemi du peuple.

Pour autant, une vraie question se pose. Le peuple peut-il gouverner ? Une masse de gens abrutis par la télé et les réseaux sociaux peut-elle prendre des décisions responsables pour elle-même ? Livrée à la misère et à l’abrutissement quotidien, la majorité du peuple n’est pas capable de gouverner.

On se retrouve donc avec une équation difficile. Ceux qui prennent les décisions le font contre l’intérêt de la majorité. Même si cette majorité veut que les décision soient prises dans son intérêt, elle est incapable de le faire elle-même.

Mais parmi le peuple, il n’y a pas que des abrutis. Il y a des gens plus éveillés, plus conscients politiquement. C’est ce qu’on appelle une avant-garde, mais c’est une minorité. Si des gens sont capables de prendre des décisions dans l’intérêt de la majorité, ce sont eux.

Un nouveau système politique est donc nécessaire. Dans ce système, les nouvelles élites travaillent dans l’intérêt du peuple, c’est à dire des travailleurs et des autres parties de la société qui constituent le peuple.

Ce système ne peut pas être imposé par des réformes. L’histoire montre que les élites n’acceptent jamais aucun compromis de fond sur leur pouvoir. Seule une révolution peut changer réellement la société.

Une révolution n’est pas utopique, il n’y a que ça dans l’histoire, des révolutions. La question c’est de savoir si le système qui suivra cette révolution travaillera dans l’intérêt de la majorité ou non.

Dans la période qui suit une révolution, il y a un vide laissé par l’ancien pouvoir. Des factions représentants les intérêts des différentes classes se forment et sont aspirées par ce vide. La lutte est féroce pour le pouvoir. L’histoire nous montre qu’une révolution ne survient que dans les périodes d’extrême chaos, de crise, de guerre, souvent même de famine. Faire en sorte que la bonne faction sorte gagnante de cette lutte impitoyable pour le pouvoir, ce n’est pas facile. L’histoire montre que seul un camp soudé et discipliné peut à ce moment l’emporter. L’histoire est impitoyable avec les tièdes et les mous. Pensons à la France, la révolution française en a été le meilleur exemple. On finit toujours par en venir à la terreur et aux mesures extrêmes parce que le chaos est tel que chaque faction doit déployer des efforts extraordinaires pour vaincre la résistance des autres factions et même des mous de sa propre faction. Pendant les périodes révolutionnaires, il peut coexister deux, voire trois pouvoirs différents. Le nouveau pouvoir hérite du chaos du précédent. Il ne suffit pas qu’un petit comité donne des ordres pour redresser la situation. Il faut encore que ces ordres soient suivis d’effets, que leur application soit contrôlée. Sans une organisation et une discipline, une faction est rapidement éliminée. Par sélection naturelle, il ne reste à la fin que les plus disciplinés et les plus déterminés. Par exemple les bolcheviques en 1917.

On a souvent l’image d’un pouvoir jacobin tout puissant en 1793. La réalité est toute autre. Le pouvoir révolutionnaire est dans une situation de danger à chaque instant. Chaque jour est une lutte sans fin contre l’inertie des masses, contre la contre-révolution, contre les mous et les traîtres de son propre camp, contre des interventions étrangères, contre la famine, contre la désorganisation, contre le chaos qu’aggrave la guerre. A chaque instant, le pouvoir révolutionnaire doit vaincre la friction omniprésente dans son propre appareil de pouvoir, qui en apparence tout puissant, est en réalité dans une lutte de chaque instant pour s’assurer que la chaîne de commandement soit efficace.

Avant d’arriver au pouvoir, une faction compte sur les erreurs des autres factions pour gagner à soi l’opinion. Mais une fois au pouvoir, elle devient elle-même victime de l’usure du pouvoir. Si une faction ne règle pas rapidement les problèmes et ne tient pas ses promesses, elle peut rapidement susciter l’exaspération. Pendant les périodes de révolution, l’opinion de la population peut aller très rapidement vers des positions extrêmes.

On n’imagine pas qu’un pouvoir révolutionnaire puisse se maintenir quelques semaines sans une organisation efficace et des chefs déterminés.

Ceux qui croient à une révolution pacifique où le peuple décréterait la société nouvelle n’ont pas sérieusement feuilleté les livres d’histoires.

Bien sur, la situation finit toujours par se stabiliser. A ce moment, le principal danger est que le nouveau pouvoir devienne une bureaucratie et se transforme en nouvelle classe exploiteuse. C’est donc à nouveau un changement qui s’impose. Ce changement est complexe car la population n’est toujours pas apte à gouverner directement elle-même.

Il faut donc initier un long travail d’éducation pour former une nouvelle génération apte à la véritable démocratie. Ce travail peut prendre des années voire des décennies.

Pendant cette période, la lutte pour le pouvoir n’a pas cessé, elle est juste d’une intensité moins grande. Les complots contre-révolutionnaires, les sabotages et les manipulations de pays étrangers sont monnaie courante à la suite d’une révolution.

On voit donc deux dangers : d’une part celui d’une restauration de l’ancien système par les anciens exploiteurs, d’autre part, celui d’une restauration de l’ancien système de l’intérieur, par une nouvelle oligarchie qui se constituerait à l’intérieur du nouveau système.

Pourtant, tant que le peuple n’est pas suffisamment éduqué et transformé par un long travail, il n’est pas possible de supprimer totalement les méthodes bureaucratiques. Il faut encore que des élites se chargent de diriger.

Tout le problème, c’est donc de s’assurer que ces élites continuent de travailler pour la majorité. Il faut pour cela réformer profondément le nouveau système pour établir des mécanismes de contrôle.

Par exemple, il faut que les élus et le personnel de l’état ne soient pas rémunérés au-dessus du salaire moyen. Il ne faut pas de privilégiés. De plus, il faut qu’ils soient révocables par le peuple. Ce genre de mesures est indispensable. Il faut en permanence mener une lutte contre la formation d’une bureaucratie privilégiée. Tant que la société n’a pas été transformée suffisamment pour que l’état ne soit plus nécessaire, cette lutte est une priorité.

A terme, il sera possible d’utiliser internet pour favoriser une démocratie directe. Naturellement, un tel système n’a de sens que si le peuple est réellement impliqué dans la politique, s’il est conscient et éduqué. Dans une première période, une démocratie directe aboutirait à l’anarchie la plus totale, à la fragmentation du pays en factions rivales impossibles à faire marcher ensemble, et enfin à la victoire probable de la contre-révolution.

Cette révolution politique a pour but de mettre en place la révolution économique, c’est à dire le passage du système capitaliste actuel à un autre système, le communisme.

II- La révolution économique


1) L’indépendance économique



La transformation de l’économie est l’un des premiers but du communisme. C’est par cette révolution qu’on peut ensuite à long terme poser les bases d’une autre société. L’évolution de la culture, des mœurs, la résolution de presque tous les autres problèmes passe par la résolution des problèmes économiques.

Comme nous l’avions vu, cette révolution économique suppose d’abord une révolution politique. Mais cette révolution peut très bien n’avoir lieu que dans un seul ou quelques pays. Cela s’explique parce que pour qu’une telle révolution ait lieu, il faut des conditions qui n’existent pas forcément dans tous les pays. Donc un pays peut réaliser une révolution politique pendant que d’autres pays restent un certain temps en dehors de cette révolution.

Il est possible par exemple que la révolution ait lieu en France mais pas dans le reste du monde. Cela n’a rien d’incroyable, c’est ce qui s’est passé en 1789 (il s’agissait bien sur d’un autre type de révolution, mais le principe est le même).

La révolution économique doit donc partir de l’économie telle qu’elle existe dans les pays où a eu lieu la révolution politique.

Si l’on part du principe que la révolution partira de l’occident (ce qui est probable), alors il faut partir de l’économie telle qu’elle existe actuellement en occident.

De nos jours, la plupart des moyens de productions ne se trouvent plus en occident mais dans les pays asiatiques.

Un gouvernement révolutionnaire hériterait donc d’une économie très dépendante des importations extérieures.

On aurait beau nationaliser toutes les grandes entreprises françaises, le problème est que la plupart sont dans les services et non dans l’industrie.

Il faut donc commencer par nationaliser les banques et les grandes entreprises, mais ce n’est pas suffisant. Il faut développer les forces productives pour ne pas dépendre des importations de marchandises.

Dans une première période, cela pourrait créer une situation difficile, mais pas nécessairement. Il suffirait de créer une monnaie basée sur l’or afin de pouvoir importer les marchandises nécessaires. Cette situation doit simplement permettre de survivre le temps de développer suffisamment l’industrie pour ne plus dépendre des importations.

C’est seulement une fois les forces productives développées et la situation politique stabilisée qu’il devient possible de mettre en place un nouveau système économique.

2) L’économie planifiée et l’informatique



Le principe du communisme, c’est le développement conscient de la société. Cela veut dire que l’économie ne se développe plus de façon spontanée et chaotique, mais de façon consciente et rationalisée.

Il faut donc disposer d’un grand nombre d’informations sur la population :
- ses besoins,
- ses compétences,
- sa localisation,
- ses préférences en terme de temps de travail,
- etc.

Il faut également connaître des informations sur les moyens de production :
- le nombre d’usines, de machines, etc.
- leur état,
- leur localisation,
- les moyens de transports,
- les ressources disponibles,
- etc.

L’idée est que, une fois qu’on connaît ces informations, il devient possible de répartir le travail et les ressources pour satisfaire les besoins de la population.

La question est : comment obtenir toutes ces informations ?

De nos jours, avec les smartphones, les objets connectés et internet, il devient très facile d’obtenir un grand nombre d’informations et de les centraliser dans un serveur.

L’autre question qui se pose est ensuite de savoir que faire de toutes ces informations, comment s’en servir pour prendre des décisions.

Là encore, il existe aujourd’hui la même problématique avec le « big data ». On utilise de nos jours des algorithmes, des super-calculateurs ou encore des intelligences artificielles pour travailler sur ces données.

L’idée est que le communisme n’est rien d’autre qu’une grande équation. C’est à dire, à partir des forces humaines et matérielles disponibles, répartir rationnellement toutes ces forces pour répondre aux besoins de la population. Si l’on dispose de suffisamment d’informations et de la puissance de calcul nécessaire, il devient possible de résoudre cette équation.

Dès les années 1990, des économistes britanniques étaient déjà arrivés à la conclusion que l’informatique rendait obsolète l’économie de marché et permettait de réaliser une économie planifiée. A l’époque les ordinateurs étaient pourtant beaucoup moins puissants qu’ils ne le sont aujourd’hui, et qu’ils ne le seront demain évidemment.

On pourrait croire à priori qu’un tel système serait une sorte de dictature d’un algorithme qui déciderait pour tout le monde quoi faire.

D’abord, rappelons qu’il n’existe pas vraiment de liberté dans la société actuelle. Est-on libre de s’installer dans un quartier riche ou dans un quartier pauvre, de décider chaque jour où l’on va travailler ? Bien sur que non.

Mais en réalité, c’est justement le système communiste moderne qui permet la plus grande liberté individuelle.

En effet, l’algorithme qui décide ne fait jamais que décider en fonction de critères qu’on lui a donnés. Il peut très bien trouver une solution globale qui tienne compte de toutes les préférences individuelles. Sans doute, pour des personnes qui ne connaissent pas parfaitement comment fonctionne l’informatique, cela peut sembler un peu difficile à comprendre, un peu « irréaliste ». C’est en réalité à la portée de n’importe quel ordinateur… On sous-estimerait gravement ces machines si on le croyait pas capables de faire ça, alors qu’elles font déjà des choses bien plus compliquées.

Par exemple, il se peut qu’un individu ne veuille travailler que 10 heures par semaines et un autre 40 heures. L’algorithme qui répartit le travail peut très bien tenir compte de ces préférences individuelles et trouver une solution qui convienne à tous.

Bien sur, cela ne veut pas dire que ces individus vont tous pouvoir avoir les mêmes produits.

Une fois le problème de la production résolu, la question la plus importante qui se pose, c’est celle de la répartition.

3) La loi de la valeur



Le principe du communisme est celui de l’égalité, mais pas de n’importe quelle égalité. L’égalité communiste veut dire que chacun doit apporter à la société autant qu’il lui prend.

Si l’on donnait à tout le monde le droit d’avoir la même quantité de produits sans se soucier de savoir ce qu’ils ont produit eux-mêmes, on aurait des gens qui gagnent sans travailler, et d’autres qui travaillent sans gagner, ce qui est finalement le principe de la société actuelle. Donc l’idée d’un « revenu de base » ou d’un « salaire à vie » n’a rien à voir avec le communisme.

Dans la société communiste, on doit donc mesurer la valeur de chaque produit afin de savoir quelle quantité de temps de travail il contient.

On distingue deux formes de temps de travail. Le travail vivant c’est la force de travail de l’homme. Lorsqu’il produit quelque chose, le travail vivant se cristallise dans des objets, qui deviennent donc du temps de travail mort. Ce qui circule dans la société, c’est le temps de travail sous ses deux formes, vivant et mort.

Par exemple une voiture nécessite des matières premières, des outils et des machines pour être produite (c’est du temps de travail mort, accumulé). Elle nécessite aussi en moyenne un certain temps de travail vivant, celui des ouvriers. Au final, chaque produit nécessite en moyenne un certain temps de travail pour être produit. C’est ce temps qui doit être régulièrement mesuré et qui permet de fixer le prix du produit. Ainsi, une voiture peut valoir par exemple 1000h (chiffre arbitraire).

Pour pouvoir avoir une voiture, un individu devra donc avoir travaillé 1000h. Étant donné que chacun ne produit pas non plus autant dans une même heure, on tient compte aussi de la qualité du travail.

Bien sur, tout le monde ne peut pas travailler. Il y a les enfants, les vieux et les malades. De plus, il existe du travail productif et du travail improductif. Les travailleurs improductifs ne sont pas nécessairement inutiles. Par exemple on a bien sur besoin de professeurs, de médecins, de fonctionnaires, etc. Il faut donc un impôt pour permettre de faire vivre les personnes qui ne peuvent pas travailler et les travailleurs des métiers non productifs utiles.

L’impôt sert également à financer des investissement productifs, des infrastructures et des systèmes d’assurance publique.

Dans la société communiste, la robotisation et les intelligences artificielles ne poseraient pas de problème. En effet le travail serait réparti et donc il n’y aurait pas de chômage. De plus tous les progrès en terme de productivité seraient directement perçus par chacun et permettraient de réduire le temps de travail.

A terme, la fin du travail fera qu’il ne sera plus nécessaire de mesurer la valeur des produits, car il n’y aurait plus besoin de travail pour les produire. La seule limite serait les ressources, mais même sur ce point, l’exploitation des minerais spatiaux permettra de résoudre ce problème.

Enfin de compte, l’humanité profitera enfin de tous les progrès technologiques.

III- La révolution urbaine



A suivre





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